Paolo Bandinu, à l'intérieur d'une réalité onirique : une interview

Aktualisiert: Apr 15


Vous parlez de la surface de la toile comme si elle n'était qu'un moment de transition de l'image, en mouvement perpétuel, à tel point que vous associez souvent peinture et vidéo (la peinture, dans ce cas, serait comme une image d'un film cinématographique). Voulez-vous nous parler de cet état de métamorphose continue de l'image ? Existe-t-il un lieu d'atterrissage pour l'image ?

Ma méthode picturale part d'une idée initiale qui se développe sur la toile et prend forme au cours du travail. Mon intérêt s'est souvent porté sur les phases de transition, à mi-chemin entre ce qui a déjà été réalisé et ce que l'image suggère et en quelque sorte présage. D'où mon désir d'immortaliser les différentes phases de changement, même le moment d'indécision et d'erreur. Ce qui m'intéresse le plus, c'est le chemin plutôt que le but. Cela m'a conduit à documenter les différentes phases, et c'est ainsi que mon travail s'est développé et complété par la photographie et la vidéo. Une image finale existe inévitablement, mais j'essaie toujours de mettre en valeur les différentes étapes qui la précèdent.


Reverie - Paolo Bandinu

Les figures sont évanescentes et vous vous intéressez à la cristallisation de quelque chose qui ne peut être saisi... qu'est-ce qui vous attire dans cet état fluide ?

Je suis fasciné par l'idée qu'un individu et ses pensées font partie d'une réalité complexe qui se croise avec d'autres choses, change et évolue. Les figures évanescentes sont peut-être les fruits de l'incertitude qui caractérise notre époque.


Quelles lectures, œuvres visuelles, sonores ou cinématographiques ont influencé ou influencent votre travail ?

Ces derniers temps, je me perds souvent dans les lectures de Murakami, ses scénarios et ses temps d'attente, l'idée de suspension du temps et d'altération de la mémoire ; mais j'ai toujours eu un vif intérêt pour les œuvres existentialistes de Francis Bacon et les atmosphères oniriques de David Lynch.


Comment vivez-vous cette période difficile de la pandémie ? Votre travail avance-t-il ou vous sentez-vous freiné et découragé (par le manque de contacts et de ressources) ?

Comme beaucoup de gens, je pense, je me suis retrouvé à gérer mon temps en tournant mon attention, en me concentrant sur le travail et en essayant de reprendre un projet oublié.



Reverie - Paolo Bandinu

Votre palette compte des couleurs très vives, des nuances d'un rouge virulent mais aussi des bleus, des verts, des violets... pourquoi ce choix ?

J'ai toujours utilisé la peinture de manière très matérielle et exubérante. Souvent, ces couleurs intenses accentuent l'expressivité que je veux restituer sur la toile et, en même temps, créent une texture dans laquelle de nouvelles formes peuvent être perçues.



Les personnages qui animent vos scénarios de rêve, ou de cauchemar, semblent sans visage ou représentés de dos. Dans cette série pour la FMB Art Gallery, elles sont totalement absentes... pouvez-vous nous en parler ?

Pour représenter mes personnages, je m'inspire souvent de mes souvenirs. Comme cela arrive souvent dans la mémoire, les images n'apparaissent pas claires et définies mais nous laissent simplement une sensation. On peut percevoir une impression imprimée dans l'esprit qui semble perdue avec le temps : on essaie de reconstruire l'impression et, parfois, on l'invente complètement.

Dans la série présentée pour la FMB Art Gallery, intitulée "Rêverie", j'ai voulu représenter précisément cet état d'abandon à l'imagination. Les rêveries nous amènent souvent à nous oublier, comme si nous étions suspendus, jusqu'à nous perdre dans le flux des images. Derrière nous, nous ne trouvons que des environnements et des paysages qui témoignent de notre passage.


Revierie - Paolo Bandinu

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